Politique de santé suisse: Bien-être plutôt qu’épuisement
22.09.2025 | Une bonne santé physique et mentale dans un environnement sain et un cadre social viable est la base du bien-être, mais cette base est de plus en plus menacée, y compris dans le Nord global. Épuisement, dépression, pressions sur la nature et fragilisation de la solidarité sociale alimentent une crise mondiale de la santé publique, aggravée par le climat, les guerres, les inégalités et la violence.
Dans ce contexte, nous saluons la proposition de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) d’ancrer un nouvel article constitutionnel donnant à la Confédération un rôle accru en politique de santé. Cette évolution, indispensable, doit aussi être discutée dans le cadre du projet « Désenchevêtrement 27 » sur la répartition des tâches entre Confédération et cantons.
Ce texte propose une perspective progressiste : il esquisse une vision d’ensemble de la politique de santé et avance des réformes jugées essentielles pour relever les défis à venir.
Pendant des décennies, la plupart des pays ont connu une amélioration de la santé de leurs populations, comme en témoigne l’augmentation de l‘espérance de vie. Mais cette tendance est en train de s‘inverser. Les changements climatiques, la destruction des habitats des animaux sauvages et l’augmentation des zoonoses, ainsi que l‘accroissement de la résistance aux antibiotiques, ont favorisé le retour des maladies infectieuses. Les canicules sont de plus en plus fréquentes et les populations en souffrent. La malnutrition, l‘insuffisance d‘eau potable et l‘absence d‘installations sanitaires aggravent la situation dans de nombreuses régions du monde. Des revenus précaires, l‘isolement social, le stress et le manque de perspectives professionnelles sapent la santé physique et mentale. L’évolution du réchauffement climatique menace l‘avenir de nombreuses personnes, tout comme le retour du racisme, du sexisme et de l‘impérialisme. Enfin, les guerres apportent la mort et l‘exil.
Les problèmes de santé varient considérablement d‘une région du monde à l‘autre. Mais même en Suisse, pays riche, les choses ne vont pas bien. Le réchauffement climatique a des effets particulièrement importants en Europe par rapport au reste du monde. La pression au travail a considérablement augmenté dans notre pays. En Suisse, les attentes en matière de réussite de vie sont comparativement élevées, voire très élevées ; en cas d’échec, la chute est d’autant plus importante.
« Nous, dans le monde occidental, sommes en train de vivre un burn-out collectif », constate l’abbé du monastère d’Einsiedeln, Urban Federer, dans la NZZ du 18 avril 2025. Ce burn-out compromet la santé et, par conséquent, la prospérité. Un postulat important de notre époque est donc la prospérité plutôt que l’épuisement – l’épuisement des personnes et de l’écosphère.
Les principes, objectifs et tâches suivants en découlent :
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La définition de la santé de l‘Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1948 est prépondérante et doit le rester : « La santé est un état complet de bien-être physique, mental et social et pas seulement l‘absence de maladie ou d‘infirmité. Le droit de jouir du meilleur état de santé possible est un droit fondamental de l‘homme, sans distinction de race, de religion, de convictions politiques, de condition économique ou sociale ».
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À cet égard, nous avons besoin d‘une approche en matière de santé publique, comme celle qui est décrite par le concept de One Health, qui « associe la médecine humaine, la médecine vétérinaire, les sciences de l‘environnement et d‘autres disciplines afin d‘atteindre de meilleurs résultats en matière de santé » (Office fédéral de la santé publique). La Confédération et les cantons ont donc la responsabilité de garantir un environnement sain et des produits sains.
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Cela doit être abordé de manière judicieuse dans une perspective globale (Global Health). Dans un monde fortement interconnecté, la politique de santé est une question mondiale, comme l‘a clairement démontré la pandémie de coronavirus. Elle l‘est aussi pour des raisons de justice globale.
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En conséquence, la Suisse doit intensifier ses efforts pour limiter le réchauffement climatique, pour lutter contre les inégalités mondiales et pour améliorer les infrastructures, notamment dans les pays pauvres du Sud.
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La Suisse devrait par exemple augmenter considérablement ses contributions annuelles à l‘OMS, au minimum à 200 millions de francs par an.1 Parallèlement, elle devrait renforcer son engagement dans d‘autres efforts mondiaux, par exemple dans la lutte contre les résistances aux antibiotiques et les maladies négligées. Elle souligne ainsi sa position en tant que siège d‘un grand nombre d‘organisations mondiales de santé.
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La protection de la santé au travail doit être améliorée et les charges psychologiques doivent être mieux prises en compte. La loi sur le travail doit s‘appliquer à tous les types d‘emploi, en particulier à tous les employés dans les ménages privés, afin de les protéger contre les horaires de travail excessifs et les salaires précaires.
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Dans de nombreux cas, particulièrement en cas de maladie, les assurances sociales d’aujourd’hui ne fonctionnent pas adéquatement. Il faut donc qu’une assurance d’indemnité journalière soit disponible pour tous et donc devienne obligatoire. De plus, dans l’attente de savoir quelle assurance, maladie ou accident, paiera l’indemnité journalière, des prestations transitoires (par exemple au niveau de l’assurance chômage) doivent être délivrées sans démarches bureaucratiques.
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L’État doit également veiller à ce que les données de santé nécessaires soient collectées et rendues disponibles dans le respect de la protection des données. Les caisses d’assurance maladie doivent y contribuer. Par exemple, le fait qu‘il n‘y ait pas de suivi des maladies comme le Covid long est inacceptable.
Qualité des soins plutôt que « business »
La pression est également exercée sur les services de soins, les institutions comme les hôpitaux, les maisons de retraite, les soins ambulatoires ou les cabinets de médecins de première ligne. Les services de soins entrent en conflit avec les intérêts commerciaux dans de nombreux cas.
Les patients sont considérés comme des « épisodes de traitement », dont les coûts sont calculés sur la base d‘un forfait. Les traitements sont ainsi transformés en produits qui doivent être fournis au plus bas coût possible et à un prix aussi élevé que possible. Parallèlement, la privatisation des structures de soins s’accélère.
La pression2 est également forte pour le personnel soignant3. Le manque de personnel qualifié entraîne des démissions plus fréquentes, surcharge le personnel restant et diminue la qualité des soins.
En raison de la pénurie de personnel qualifié, l‘accès aux soins pour les personnes souffrant de troubles psychiques devient de plus en plus précaire. La même chose vaut pour les soins médicaux et le soutien (Betreuung), en particulier dans le domaine des soins de longue durée, et pour les soins à domicile.
En outre, les soins médicaux et le soutien (Betreuung) de longue durée entre les structures stationnaires et ambulatoires ne sont pas (suffisamment) coordonnés et ne sont pas adéquatement rémunérés.
L’absence de données de qualité entraîne des sous-traitements, des surtraitements et/ou des traitements inadéquats.
Par ailleurs, l’approvisionnement en médicaments est désormais en crise à l’échelle mondiale4 et de plus en plus dans le Nord global (ruptures et pénuries d’approvisionnement, explosion des prix, absence de nouveaux antibiotiques, etc.).
Cela signifie :
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Les pouvoirs publics doivent continuer à garantir les meilleurs soins médicaux et infirmiers possibles pour tous, sur la base d’un catalogue de prestations ouvert, incluant si nécessaire des tâches d’accompagnement et de soutien à la vie quotidienne.
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La gouvernance (le pilotage) des prestations de soins et plus largement de santé doit être publique (Confédération, cantons, communes), et non par les caisses d’assurance ou les prestataires de services, et ainsi être soumise au contrôle démocratique.
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Afin de garantir un traitement adéquat à tous les patients et d‘éviter que les soins ne soient considérés comme des « épisodes de traitement », tous les résidents de longue durée en Suisse, y compris les réfugiés et les sans-papiers, doivent avoir un point de contact responsable de leur suivi. La Confédération doit adopter des dispositions relatives à un·e interlocuteur/interlocutrice personnel-le de santé (IPS)5 réglementées de manière uniforme et obligatoire pour tous les assurés. Les IPS garantissent la prise en charge médicale de base, coordonnent toutes les autres prestations et sont responsables, avec les patients, de la gestion du dossier électronique des patients. Les IPS sont généralement des cabinets de médecins généralistes, des cabinets de groupe ou des établissements médicaux sociaux dispensant des soins médicaux. Les cantons accréditent les IPS et veillent à ce qu’il y ait une offre suffisante pour éviter que la diminution du nombre de cabinets de médecins généralistes privés ne conduise à des lacunes graves dans la prise en charge de la population. Les assurés peuvent choisir librement leur IPS. Les infirmières/infirmiers de pratique avancée (APN) pourraient jouer un rôle dans les soins de premiers recours.
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La mise en œuvre de l‘initiative sur les soins infirmiers, approuvée par le peuple en 2021, doit être abordée avec détermination. La Confédération doit fixer des exigences contraignantes. La limitation dans le temps de cette aide pour l‘élargissement des offres de formation doit être levée. La Confédération doit veiller à ce que les conditions de travail s‘améliorent dans toute la Suisse et que la conciliation entre vie professionnelle et garde d‘enfants soit facilitée, et elle doit s‘engager financièrement à cet effet.
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Il faut également beaucoup plus de places pour la formation des médecins6 en particulier dans les spécialités de premier recours comme la médecine de famille, la pédiatrie, la gynéco-obstétrique, la psychiatrie et d’autres professions de soins et de santé. La Confédération devrait créer des universités fédérales pour les professions de santé, comme cela a été fait pour les EPF.
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La Suisse réduit ainsi aussi le débauchage du personnel médical à l‘étranger et la fuite de cerveaux qui en résulte.
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Les soins ambulatoires et stationnaires de patients de longue durée doivent inclure en plus des soins (care), un soutien (Betreuung) et une aide dans la vie quotidienne. Ils doivent être fournis dans une perspective globale et prendre en compte l‘environnement social des patients. Les membres de la famille qui s‘occupent de leurs proches ont besoin de meilleures offres de décharge, par exemple des structures de soins et de soutien à la journée.
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L‘industrie pharmaceutique privée n‘est plus en mesure d‘assurer l‘approvisionnement de la population pour tous les médicaments nécessaires7,8, En Suisse, il y a actuellement pénurie pour environ un médicament sur treize. La Confédération doit donc s‘engager davantage pour assurer cet approvisionnement. Elle doit soutenir les efforts visant à organiser la recherche, la production et la distribution de ces médicaments sur une base non lucrative (Public Pharma) et encourager la coopération internationale. À cette fin, elle peut soutenir ou créer elle-même des institutions et des entreprises à but non lucratif.
Financement social de la santé : mieux n‘est pas plus cher
Le débat sur la santé se concentre souvent sur les coûts. C‘est compréhensible dans la mesure où le financement en Suisse est basé sur des primes par personne et ne tient pas compte des revenus et de la fortune des assuré·es. A posteriori, on tente de réduire les effets antisociaux en introduisant un système de subsides en fonction de la capacité financière, mais cela ne fonctionne que très partiellement. De plus, on tente régulièrement de diminuer les subsides et/ou le nombre de personnes pouvant en bénéficier. La solution à cette injustice est pourtant très
simple : les primes doivent être liées aux revenus et à la fortune des assuré·es. Il s‘agit d‘une question de justice, mais aussi de santé : la pauvreté et les revenus précaires sont, de manière significative, associés à une santé plus mauvaise.
Mais les concepts qui visent à maîtriser les coûts en utilisant des logiques industrielles et de marché sont totalement erronés. Les prestations de soins exigent beaucoup de personnel et de temps de travail. Elles sont régies par une logique de soins et non par une logique de marché. Les soins (care) sont plus efficaces lorsqu‘il y a suffisamment de temps pour les dispenser. Les êtres humains ne sont pas des marchandises que l’on peut standardiser et il est impossible de leur garantir une bonne santé sans leur accorder suffisamment d‘attention et de soin.
On entend souvent dire que les progrès médicaux permettent de mettre au point de nouveaux traitements qui seraient de plus en plus coûteux, ce qui aurait pour effet d’augmenter les coûts. Mais cette relation n’est pas aussi évidente qu’il y paraît. De nombreuses innovations, par exemple des techniques chirurgicales moins invasives et des médicaments plus efficaces, sont susceptibles de réduire considérablement les coûts. Mais les traitements innovants sont souvent facturés à des prix exorbitants, ce qui n’a rien à voir avec l’innovation en tant que telle, mais plutôt avec le monopole des fournisseurs, généralement basé sur des brevets.
Cela conduit aux postulats suivants :
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Le financement doit continuer à être assuré par une combinaison d‘assurances sociales et de fonds publics. La composante d‘assurance(s) consolide un droit à prestations qui ne peut être réduit par une éventuelle politique d‘austérité de la part des pouvoirs publics.
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Les primes d’assurance sont calculées en fonction de la capacité financière (salaires et autres revenus, voire fortune). Les primes pour les soins (care), la réadaptation et l’assistance pourraient être autorisées, en fonction des régions et des cantons, à condition qu’elles soient justifiées sur le plan empirique et médical.
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Il faut clairement séparer l‘assurance de base et les assurances complémentaires. L‘assurance de base doit couvrir toutes les prestations nécessaires à une bonne prise en charge médicale, ambulatoire et hospitalière, adaptée aux besoins. Il convient d‘examiner si les hôpitaux et les cliniques devraient en principe être tenus de choisir l’une ou l’autre forme d‘assurance pour leurs prestations.
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Les franchises sont problématiques, car elles frappent proportionnellement plus durement les ménages à faibles revenus et les incitent à ne pas recourir aux prestations nécessaires. Elles doivent donc être supprimées.
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L‘État garantit un financement uniforme et suffisant des prestations. Les systèmes inégaux (par exemple, pour la maladie et les accidents) sont évités. Il existe un système uniforme de répartition entre les caisses de maladie et les fonds publics dans tous les segments de la santé. Cela suppose toutefois que les caisses de maladie sont tenues de fournir un service optimal et ne peuvent pas poursuivre d’objectifs commerciaux.
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Les forfaits hospitaliers (DRG, TARPSY pour la psychiatrie) contraignent les hôpitaux à fonctionner comme des entreprises commerciales en concurrence avec d‘autres hôpitaux, au lieu de coopérer de manière optimale entre eux. Les forfaits favorisent une logique économique qui vise à obtenir des forfaits aussi élevés que possible et à réduire les coûts au minimum. Les intérêts économiques mettent ainsi constamment en danger les exigences médicales et de soins. Les DRG et la TARPSY doivent donc être supprimés sous leur forme actuelle et remplacés par un système de rémunération qui n‘entrave pas des soins de qualité aux patient·es.
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Avec le nouveau régime tarifaire TARDOC, des forfaits sont désormais aussi prévus pour le secteur ambulatoire.10 Les inquiétudes sont les mêmes que celles suscitées par les DRG. Les effets de TARDOC doivent donc être surveillés et analysés avec attention et critique. La période de trois ans prévue par le Conseil fédéral pour ce régime est beaucoup trop courte.
Planification démocratique plutôt que dispersion
En Suisse, les cantons sont largement responsables de la politique de santé. Pour les établissements hospitaliers (soins aigus), cette approche est trop localisée. Le « sur fédéralisme » complique l‘optimisation des moyens (par exemple, en matière de médecine hautement spécialisée), entrave la coordination des prestations et rend les évolutions longues et compliquées ou les bloque totalement. La Confédération doit donc assumer une plus grande responsabilité en matière de gestion et de financement de la politique de santé. Par exemple, elle pourrait garantir la création de régions de soins cohérentes.
Nous soutenons les efforts de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM), qui propose un article sur la santé dans la Constitution et qui souhaite ainsi accorder une bien plus grande importance à la gestion au niveau fédéral.
Art. 116a Politique de santé
1. La Confédération et les cantons reconnaissent l’interdépendance de la santé des êtres humains, des animaux et de l’environnement et s’engagent à promouvoir une approche intégrée de la santé dans les limites de leurs compétences respectives.
2. La Confédération fixe les principes applicables à la politique de santé et coordonne les efforts des cantons. Elle vise à promouvoir la santé de la population pour garantir un niveau élevé de protection de la santé pour tous.
3. La Confédération encourage un système de santé équitable, durable et efficient. Elle légifère sur la collecte et l’utilisation des données destinées à piloter le système de santé.
Il faut, par conséquent …
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… renforcer la gouvernance démocratiquement légitimée et éviter que les caisses et les prestataires commerciaux ne voient leur pouvoir encore augmenter ;
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… veiller à ce que les patient·es, le personnel de santé et la population concernée (par exemple dans les villages ou les quartiers) puissent exprimer leurs préoccupations de manière appropriée dans le cadre d’une participation active ;
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… permettre à la Confédération d’adopter et de faire appliquer des réglementations qui évitent les prestations insuffisantes, inadéquates et inutiles et favorisent des services coordonnés et efficaces. Cela implique une triple obligation de qualité des prestations, de prévention des dommages et d’efficacité (éviter les prestations inutiles) pour tous les acteurs (institutions, prestataires, population) ;
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… améliorer nettement la capacité de réaction du système de santé face aux évolutions et aux crises, par exemple face à la pénurie dangereuse de personnel qualifié ou aux épidémies.
Concentration des forces
Les forces progressistes doivent unir leurs efforts si elles veulent avancer.
Nous voyons les priorités suivantes :
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Le soutien aux efforts visant à l‘adoption d‘un nouvel article constitutionnel qui confère à la Confédération plus de responsabilités en matière de gestion et de financement de la politique de santé.
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La lutte contre la pénurie de main-d‘œuvre qualifiée et la promotion de la mise en œuvre de l‘initiative de soins.
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Le financement social des primes et la séparation rigoureuse entre l‘assurance de base et l‘assurance complémentaire.
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L‘introduction d’un interlocuteur personnel de santé.
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L‘intégration des services de soins (care) et de soutien (Betreuung) dans les institutions de soins de longue durée ambulatoires et stationnaires.
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L‘instauration d‘une indemnité journalière obligatoire.
Auteurs et auteures | Max Fischer est médecin et directeur médical d‘un hôpital listé. Tout comme Günther Latzel, il est actif au sein du groupe Politique sociale, travail et économie des soins de Denknetz. Beat Ringger est journaliste, ancien secrétaire central du SSP et ancien secrétaire général du Denknetz. Ruth Schmid est membre du groupe de travail Santé PS60+. Ursula Ulrich-Vögtlin et Samuel Woodtli travaillent auprès du SSP. Franz Wyss est membre du SSP.
Fussnoten
1 Le budget annuel ordinaire de l‘OMS est actuellement d‘un montant modeste de 550 millions USD. Il s‘agit d‘une fraction du budget d‘un hôpital suisse de taille moyenne ou du bénéfice annuel d‘un grand groupe pharmaceutique comme Novartis ou Roche. Le budget ordinaire de l‘OMS est complété par le financement de projets individuels d‘un montant de 2.8 milliards USD, mais ce financement est volontaire et assorti de conditions.
5 Ce modèle a été proposé en 2008 par plusieurs organisations : Association suisse des médecins-assistant(e)s et des chef(fe)s de clinique (ASMAC), Syndicat suisse des services publics (ssp), Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), Fédération suisse des associations professionnelles du domaine de la santé (FSAS), Association suisse des ergothérapeutes (ASE), Union syndicale suisse (USS), Association des médecins indépendants (VUA), Fédération suisse des sages-femmes (FSSF), physioswiss.
7 L‘OMS maintient depuis de nombreuses années une liste de médicaments essentiels qui sont indispensables aux prestations de soins.
8 Medikamentenversorgung, quo vadis?: Schweiz. Aerztezeitung; 2024;105(15):28–29.